Barbara évasion

Tricot (KAL sur mon autre site), crochet, cuisine, ma famille, ma passion pour l'écriture, j'ai envie de partager tout cela avec vous.

31 mars 2009

Comment préparer vos enfants pour l'école...

... En moins de VINGT MINUTES!

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1. Tout d'abord, choisissez la période de l'année la plus propice aux pannes de réveil, le passage à l'heure d'été.

2. Arrangez-vous pour que l'un de vos enfants chéris soit malade en pleine nuit et vous tienne éveillée aux heures où vous dormez le moins bien, environ de 4h à 5h30.

3. N'hésitez pas ensuite à vous laisser bercer par la douce torpeur du sommeil, dans laquelle vous êtes si bien que cela en serait presque indécent.

4. Ouvrez négligemment un oeil lorsque la clarté qui baigne votre maison vous parait anormalement forte.

5. Jetez l'autre oeil sur votre réveil et attention, ne vous inquiétez pas si votre coeur s'arrête l'espace d'un instant et si une pensée étrange vous traverse l'esprit: "PUTAIN  DE  PUTAIN!!!!!!!"

6. Tournez-vous vers votre cher époux qui dort encore du sommeil du juste et adressez-vous à lui de votre voix la plus douce et tendre: "Tu sais l'heure qu'il EST? C'est 8 HEURES!!!"

7. Maintenant, branle-bas de combat: sautez du lit, jetez-vous sur vos enfants pour les réveiller, précipitez-vous dans la cuisine pour préparer le petit déjeuner.

8. Simultanément au réchauffage des "lolos", coiffez votre fille. Ne vous formalisez pas si dans la précipitation quelques mèches de cheveux restent sur la brosse: "Aille, maman!", "T'as plein de noeuds chérie!"

9. Motivez vos troupes de façon à ce qu'elles ne perdent pas le rythme martial imposé: "Mangez", "Dépêchez-vous", "Lavage de dents", "Blousons!", et go, expédiez tout ce petit monde dans la voiture.

10. Départ de la maison: 8h19. Mission accomplie! Félicitations! Ce ne sera pas encore aujourd'hui que vos chers bambins rateront l'instruction nationale. Rappelez-vous que dans moins d'une semaine commencent les vacances de Pâques, voilà un ojectif qui devrait vous motiver encore davantage! [sourire]

11. A tête reposée, posez-vous enfin LA question cruciale: "Au fait, pourquoi mon réveil n'a pas sonné?"

BONNE JOURNEE

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04 mars 2009

Texte Humoristique

LE PAUVRE...

Je suis unijambiste. C’est ennuyeux, car je ne peux pas m’enfuir lorsqu’un danger approche.

Je suis noir. J’accumule les problèmes, non ? Que voulez-vous, on ne choisit pas sa couleur de peau. Au moins, je me démarque.

Heureusement, j’ai de solides racines. Je peux compter sur elles pour me ressourcer quand l’adversité me met à mal. Je renais toujours plus fort après chacune de mes défaites. Je ne connais pas le désespoir, et chaque fois il devient plus difficile de m’anéantir.

Mais elle a l’habitude de se battre contre moi. Pour me réduire à néant, sa technique est imparable. Elle m’étourdit en se déshabillant, en entrant sous la douche et en faisant couler l’eau chaude sur son corps. Je sais ce qui m’attend. Elle me recouvre de mousse et sans la moindre hésitation, elle me rase ! Pauvre poil que je suis…

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13 janvier 2009

L'ENFANT DE L'HISTOIRE

IMG_1859 Je vous présente ma nouvelle, extraite de mon recueil de nouvelles "Espace 1997-1998", parue dans le magazine "Ecrire Aujourd'hui" n°46:

L'Enfant de l'Histoire

Un enfant pleure.

Il est, de toutes les images fortes, le souvenir de cette guerre qui me marquera pour toujours.

Un enfant pleure, recroquevillé sur lui-même.

Par sa seule présence, il dénonce la lâcheté des hommes. Il est adossé contre la paroi lisse d'une maison. Autour de lui règne le chaos. Il pleure et personne ne s'accroupit en face de lui. Personne pour lui proposer la protection dont il a besoin. Personne pour l'entraîner à ses côtés, pour faire face, à deux, aux malheurs qu'engendrent toutes les guerres. Lui ne peut s'y opposer seul. Il ne peut se dresser contre les barbares qui nous traquent sans relâche.

Un enfant pleure et je le regarde, immobile, indécise.

Je ne suis pas différente des autres hommes. Pourtant, je ne peux le laisser là. Ma conscience me presse de faire preuve de bonté. Ma raison se dresse pur me montrer que si je faisais preuve d'une telle compassion, je serais impitoyablement traquée à mon tour. Il me faut l'aider, il me faut fuir. Je suis restée ici, dans l'ombre, depuis trop longtemps. L'inertie nous condamne tous un jour ou l'autre car alors, ils savent que nous avons renoncé à livrer combat plus longtemps. Cet enfant n'échappera pas à leur jugement. Il me fut l'aider pour fuir avec lui.

Un enfant qui pleure.

L'instant s'éternise et nous engloutit. Ses sanglots sont intarissables, son chagrin est immuable. Les hoquets de sa douleur sont ceux de la résignation. Il sait que seul il ne peut leur résister, alors il décide de tomber dignement. Son chix est noble. Le bon choix. Le bon choix si quelqu'un ne se sentait pas coupable, si quelqu'un  ne se sentait pas dans l'obligation d'agir. Le bon choix, le seul, si je n'avais pas été là.

Une jeune femme est immobile.

Son regard fixe l'enfant qui pleure. Debout dans l'ombre, à quelques mètres de lui, entre deux maisons aux parois immaculées, elle aurait pu passer pou l'une des leurs, asservie, corrompue. L'enfant sait qu'elle est là. Aux abois, il sent sa présence. Il sent ce regard lourd qui pèse sur lui, mais il ne peut le balayer d'un geste. Il n'a plus ni le courage ni la force de se révolter. Se révolter, c'est appeler à mourir torturé. Il se dit qu'il préfère la sentence de la mort infligée à ceux qui n'ont pas fait preuve de résistance. Il préfère être éjecté dans l'espace. Une mort rapide. Le meilleur choix, le seul choix encore possible. Cette femme est sans doute l'une des leurs. Elle pourrait faciliter les choses, précipiter les évènements, l'emmener, le livrer. Mais elle ne bouge pas. Une attente menaçante, épuisante, qui étrangement lui fait retenir son souffle. Aurait-il un espoir? 

Cette jeune femme, debout, indécise, silencieuse, c'est moi.

J'ai vu tant d'enfants au cours de cette guerre! Des petits, perdus, cherchant quelqu'un, introuvable, d'un regard alarmé. Des petits qu'une foule prise de panique peut écraser aisément. Des bouleversés, emportés par une houle massive et éperdue sous les coups de feu de l'ennemi, suivant le courant tant bien que mal. Des bouleversés que l'on peut aisément broyer. Des bébés, abandonnés au coin d'une rue et qui dorment sans se soucier de tout le mal qui fait rage à quelque distance au-dessus d'eux. Des bébés ramassés par une vieille femme attendrie, laquelle, n'ayant pas eu assez de réflexes pour échapper à une salve meurtrière, les étouffera de son corps anéanti. Des adolescents, tels que moi, que la guerre a surpris, eux que le reste du monde n'intéresse pas. Des adolescents qui se feront enrôler par les uns ou les autres pour finalement se retrouver face à face et faucher un ami, un cousin, un amant.

Les yeux de cette jeune femme frémissent et se mettent à trop briller.

La plus belle image de cette guerre me revient, émouvante, bouleversante. Dans les cris, les coups de feu et les cavalcades de fuyards affolés, un cri de plus s'élève. Il passera inaperçu. Je m'arrête au détour d'une ruelle pour reprendre mon souffle et laisser passer les hommes apeurés, rassemblés en une foule meurtrière. J'espère alors échapper aux soldats. Et le cri se renouvelle, atroce appel à la délivrance. Il devient délivrance et bientôt chante avec lui celui d'une toute petite voix nasillarde. Par une fenêtre, je saisis alors l'image éternelle du bonheur. Elle, presque nue, en sueur et ensanglantée, mais heureuse malgré le tumulte extérieur qui fait trembler les murs. Lui, torse nu, le pantalon souillé, la peau moite. Il regarde d'un air hébété le tout petit être qu'il tient dans ses bras et sur ses genoux. Emerveillé par la force de la nature. Force qui n'a que faire des caprices des hommes pour perpétuer leur existence. Il tend son bébé à sa femme. Je décide de m'éloigner. Je ne veux pas en savoir davantage.

J'espère qu'ils ont survécu jusqu'à présent.

La femme immobile a prit une décision.

Je veux que cet enfant qui pleure puisse vivre un jour ce moment d'incomparable bonheur. Mon corps s'anime, je m'avance. Je le prends par la main. Je lui parle en chuchotant à son oreille. Il sourit. Nous partons, ensemble. Deux jours plus tard, les combats nous séparent. J'ai eu le temps de lui expliquer tout ce qui avait traversé mon esprit le jour où mon geste lui a redonné le courage de survivre. Jour décisif pour nos deux vies.

J'avais dix-sept ans, il en avait huit. J'en ai aujourd'hui vingt-sept.

Je ne l'ai jamais revu.

Quelqu'un frappe à ma porte. Surprenant. Qui peut savoir que je suis arrivée dans cette ville? Je prends tellement soin de me déplacer secrètement pour préserver ma sécurité depuis qu'ils ont remporté la première victoire...

Mais je me lève. Je prends le risque. Ce pourrait être un contact. Je vais ouvrir. Et il est là! Il pleure encore, de joie cette fois. Il me tend son enfant. Une jeune femme les acompagne.

"L'histoire se répète" dit-il simplement.

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