30 avril 2009
LE VOYAGE DES LEGENDES
Vous avez de la chance, j'ai dû découper en deux extraits le reste du 4e chapitre. Après le passage de cette semaine, un autre suivra jeudi prochain pour clore le chapitre et les diffusions pendant quelques temps.
PREMIERE PARTIE
CHAPITRE QUATRE (5e extrait)
Merlin se racla
la gorge, visiblement gêné.
« Comprenez-moi,
j’ai quelques mauvais souvenirs concernant les fées. L’une d’elle a usé de ses
pouvoirs envers moi de manière terriblement sournoise.
- Ne
craignez-rien, affirma Arya contrariée. Je ne compte pas vous faire de mal.
J’ai besoin de vos lumières pour aider notre Roi dans sa quête et c’est là mon
seul désir. »
Merlin sortit de derrière l’alambic. Son attitude puérile n’amusait absolument pas Arya. Elle songeait qu’un homme doté de pouvoirs soi-disant puissants ne pouvait pas être effrayé par une fée, quelle qu’elle soit. Elle observait le mage la rejoindre. Il se pencha pour tirer un tabouret de sous la table et lorsqu’il releva la tête, ses cheveux blancs en bataille lui couvraient une partie du visage. D’un geste nerveux, Merlin écarta sa tignasse de devant ses yeux. Arya scruta alors l'homme, espérant faire ressurgir le souvenir qu'il lui inspirait. Le mage, gêné par le regard insistant de l'Envoyée , toussota en s'asseyant et déclara:
« Très
bien, je ne souhaite aucunement m’attirer votre
courroux. Je m’emploierais à vous répondre du mieux possible. Je peux
uniquement vous révéler que j’utilise une potion de connaissance mise au point
par mes soins. Le problème étant qu’elle n’induit pas toujours le résultat
escompté, je ne peux pas me permettre d’en donner au Roi afin que lui-même puisse
entrevoir le Graal.
-
Votre potion provoque-t-elle des effets indésirables ?
-
En effet, Madame.
- Pouvez-vous
l’utiliser devant moi, afin que je me rende compte par moi-même de son
efficacité ?
-
Non, Madame. Cela relève du secret qui entoure les pratiques de la magie et sur
lesquelles je ne transigerais pas.
-
Parfait. Dans ce cas, j’aimerai beaucoup vous suivre dans votre travail,
Merlin, si vous êtes d’accord bien entendu, demanda Arya très intéressée. Je
resterai à ma place, n’ayez crainte, vous n’aurez pas à me faire part des formules
de vos potions. Mais je voudrais en savoir davantage sur la magie. Ne
pouvez-vous pas réaliser un sort devant moi ? N’importe lequel ?
-
Vous êtes décidément bien entêtée, voilà exactement le propre des fées…
- Malgré
tout le respect que je dois à votre talent, je vous trouve bien outrecuidant pour
un simple mortel ! » répliqua-t-elle visiblement en exaspérée, jouant
son rôle à fond.
Merlin
soupira. Il était obligé d’accéder à sa demande mais il n’aimait guère partager
ses connaissances.
« Je
comprend vos réticences, Messire, reprit Arya sur un ton plus calme pour le convaincre enfin. Mais soyez
certain que je n’éventerais aucun de vos secrets si vous veniez à m’en
apprendre malgré tout. Je veux simplement comprendre, savoir, voir comment, si
besoin, je peux vous aider afin de réunir toutes les chances du côté de notre
Roi.
-
Croyez-vous que je ne m’y emploie pas moi-même suffisamment ?
-
Loin de moi l’idée de vous dévaloriser, répliqua Arya. Mais je ne suis pas
venue ici par hasard. Je ne me déplace jamais dans votre monde sans raison. La
quête du Graal ne progresse pas comme elle le devrait.
-
Dans ce cas, je n’ai pas le choix, reconnu le mage contrit.
-
Si, Messire Merlin, vous avez le choix de m’aider en y mettant de la bonne
volonté ou celui de m’aider en y mettant de la mauvaise volonté. Bien entendu,
la seconde proposition ne fonctionnerait pas entre nous. J’ai bien conscience
d’empiéter sur votre territoire, mais croyez-moi, je ne le fais pas de gaieté de
cœur.
-
Bon, très bien, Dame Arya. Je vous enseignerai certains de mes secrets, je vous
parlerai d’Arthur et de tout ce qui concerne le Graal. Cependant, je suis bien
trop épuisé pour deviser davantage à ce sujet ce soir. Comme vous pouvez le
voir, l’explosion a laissé quelques traces et je dois tout remettre en ordre…
-
Merci infiniment, Messire Merlin. Je suis heureuse que nous nous comprenions. »
Arya
ne voulu pas déranger le vieil homme plus longtemps pour cette première soirée. Tout en parlant avec l'enchanteur, elle avait finalement cessé de chercher la réponse au mystère qui la travaillait.
La jeune femme le quitta en précisant qu’elle reviendrait le lendemain soir. Elle
traversa la cour plongée dans l’obscurité puis pénétra dans le château. Arya
perçut alors le vacarme qui s’élevait des cuisines. Les habitants du château étaient
une nouvelle fois réunis pour se sustenter. Elle devina que la famille royale
devait être attablée elle aussi. L’Envoyée marcha dans les couloirs en
direction de la salle réservée, mais ralenti bientôt ses pas. Elle n’était pas
certaine de vouloir dîner en compagnie de la reine. Cette femme était froide et
Arya redoutait de se retrouver en sa présence. Elle prit cependant son courage
à deux mains. Chercher à éviter Guenièvre n’était pas une solution, elle la
croiserait forcément au cours de son séjour et ne pourrait pas la fuir indéfiniment.
L’Envoyée se dirigea donc vers la pièce royale, le cœur battant. Elle se
présenta dans l’entrée de la salle, un sourire figé sur les lèvres, et ne
découvrit personne. Des plateaux chargés de victuailles attendaient pourtant
déjà sur la table, leurs mets fumants refroidissaient déjà. Etonnée, Arya jeta un
coup d’œil dans le couloir, mais personne ne venait. La jeune femme considéra la
salle et se demanda si elle pouvait décemment s’installer avant la venue du
roi.
« Et bien, qu’attendez-vous donc pour entrer ? »
Suite et fin, jeudi prochain...
23 avril 2009
LE VOYAGE DES LEGENDES
INFORMATIONS:
LE CHAPITRE UN DE MON RECIT N'EST PLUS DISPONIBLE SUR MON BLOG. J'INVITE MES LECTEURS A LE LIRE SUR LE SITE DU PUBLICATOR, DONT LE LIEN SE TROUVE CI-DESSUS DANS MES PHRASES D'INTRODUCTIONS.
MON RECIT SE NOMME DESORMAIS: "LE VOYAGE DES LEGENDES".
lA SEMAINE PROCHAINE, VOUS POURREZ LIRE LA FIN DU 4e CHAPITRE. LA DIFFUSION DE MON ROMAN S'ARRETERA ALORS, CAR J'AI BEAUCOUP DE CORRECTIONS A FAIRE SUR LES 4 PREMIERS CHAPITRES AVANT DE POURSUIVRE. MAIS NE VOUS INQUIETEZ PAS, JE VOUS PREVIENDRAI QUAND LE CHAPITRE 5 SERA PRET.
MERCI!
Je reprends ici une partie de l'extrait précédent, car je l'ai un peu modifié. Et voici Merlin...
PREMIERE PARTIE
CHAPITRE QUATRE (4e extrait)
La
jeune femme considéra la cour plongée dans le noir d’un regard circulaire avant
d’observer l’officine de Merlin. Le laboratoire du sage prolongeait l’aile est
du château sans pour autant en faire partie. Le roi avait rajouté cette
construction pour accueillir Merlin et lui permettre de travailler
convenablement à l’élaboration de potions et de formules magiques en tous
genres.
Une
intense lumière jaillit soudain à travers les deux petites fenêtres de
l’atelier du magicien, illuminant la cour d’une lueur spectrale. Une explosion
retentit avant qu’une fumée noire ne s’échappe par les ouvertures. Arya
accourut, tout comme deux soldats qui traversaient la cour au même instant.
L’un des hommes frappa à la porte.
« Messire
Merlin ? »
Ils
entendirent des jurons en provenance de l’intérieur de la maisonnette, des
bruits de chaises et enfin Merlin les rassura sans leur ouvrir pour
autant :
« N’ayez
point de crainte, je me porte comme un charme ! »
Les
deux soldats échangèrent un regard entendu.
« Messire
Merlin essaie souvent de nouvelles formules, commenta le premier à l’intention
d’Arya.
- Oui,
confirma le deuxième. Il provoque des phénomènes étranges… »
Les deux hommes
haussèrent les épaules. Les talents du mage dépassaient leur entendement. Ils
saluèrent l’Envoyée avant de reprendre leur tour de garde. Arya, curieuse de
découvrir l’enchanteur aux prises avec ses potions, frappa à son tour contre la
porte. Une voix éraillée lui parvint de l’intérieur.
« Je
suis occupé !
- Messire
Merlin ? Je suis Dame Arya, je souhaiterais vivement m’entretenir avec
vous !
- Dame
Arya ? répéta la voix surprise du vieil homme. Très bien, j’arrive... »
Bientôt,
la porte s’ouvrit sur le mage. Il ne portait pas la tenue que la croyance
populaire lui prêtait à travers l’histoire. Aucune longue robe bleu nuit couverte
d’étoiles ne l’affublait ni aucun chapeau pointu folklorique n’ornait sa tête. Merlin
portait bien une barbe blanche conséquente, mais son accoutrement ressemblait
en tout point à celui des autres résidents masculins de Camelot : une veste, une
chemise, un pantalon et des chausses constituaient simplement sa tenue.
Cependant, Arya remarqua que la veste, la barbe et le visage du vieil homme
étaient noircis par l'explosion.
« J’espère
ne point vous importuner, s’enquit-elle en voyant la mine contrariée de
l’enchanteur.
- Non,
non, j’expérimentais un nouvel élixir. Entrez, ma Dame.», expliqua Merlin en accompagnant ses paroles d’un geste pour inviter
la jeune femme à pénétrer dans les lieux. Il ferma la porte derrière elle et se dirigea vers la
table de travail située au milieu de l’officine.
La
table, le sol et les murs étaient recouverts d’un amas hétéroclite de fioles de
toutes les formes remplies de liquide aux couleurs variées. Des dizaines de boîtes
renfermaient les produits du mage et s’empilaient ça et là sans ordre apparent.
Merlin observait d’un air navré un impressionnant alambic dont l’embout avait
explosé.
« L’après-midi
durant, j’ai récolté des dizaines de jeunes plants pour concocter de nouvelles
potions. Je viens de tester un nouveau mélange et voilà le résultat !
pesta-t-il en désignant l’alambic abîmé. On ne trouve pas facilement ce genre
d’ustensile par ici ! Me voilà de nouveau contraint à me débrouiller avant de
parvenir à en retrouver un. »
La
situation aurait pu prêter à sourire, mais Arya gardait son sérieux. Elle
observait le mage avec attention. Malgré la barbe qui lui dissimulait une
partie du visage et la cendre qui recouvrait le reste, Merlin lui rappelait
vaguement quelqu’un. Voilà ce qui la tracassait depuis qu’elle l’avait
rencontré sous la tente du camp de guerre : une impression étrange de déjà
vu. Cependant, la jeune femme ne parvenait pas à mettre un nom sur ce visage,
de se souvenir de la personne qu’il lui rappelait.
« Pardonnez-moi un instant », termina Merlin.
Le
magicien se détourna de l’alambic, attrapa un chiffon sur une étagère et
entreprit d’essuyer son visage et ses mains. Alors qu’il tournait le dos à la
jeune femme, celle-ci se mordait les lèvres tant son nouveau trou de mémoire
l’ennuyait. C’était comme d’avoir un mot sur le bout de la langue, un mot qui
vous échappe, en l’occurrence un nom . Arya savait que cette perte
de mémoire n’avait rien à voir avec son transfert spatio-temporel,
car il s’agissait d’un souvenir précis qui semblait d’une importance capitale.
Ce seul souvenir manquant apparaissait comme un point noir dans son esprit et
cela l’agaçait encore plus.
L'enchanteur ayant retrouvé une teinte de peau plus rose, reposa le chiffon à sa place et invita
Arya à s’asseoir sur un tabouret. Resté debout, il rangeait ses potions dans
son bric à brac tout en reprenant la conversation.
« Messire
Arthur m’a parlé de votre désir de vous entretenir avec moi à propos du Graal.
Que puis-je vous apprendre ? »
La
jeune femme trouva étrange que le mage poursuive ses activités et ne lui prête
pas davantage d’attention en lui parlant. Elle eut l’impression qu’il évitait
de la regarder en face. Néanmoins, elle lui répondit sur un ton très naturel.
«
Le Roi affirme que vous recevez parfois des révélations à propos de la position
du Graal. Comment vous y prenez-vous ? Vos visions sont-elles claires ?
Ont-elles déjà abouti sur un élément concret qui puisse faire progresser
les recherches? »
Merlin
cessa ses rangements et se tourna vers elle. Il se tenait derrière l’alambic de
sorte qu’Arya ne voyait de lui qu’un reflet déformé.
« Madame,
je sais votre mission capitale pour notre Roi. Croyez que mon plus cher désir soit de concourir au succès de sa quête. Cependant, il m’est impossible de vous
révéler mes secrets. Les connaissances d’un magicien ne peuvent être transmises
qu’à un autre magicien, un apprenti, un druide qui aura prêté serment de ne
jamais dévoiler les enseignements qu’il aura reçus.
- Doutez-vous
de mes propres pouvoirs ? Croyez-vous que je veuille vous dépouiller de
votre savoir pour me l’approprier ? questionna Arya offensée que ce
vieillard la prenne ainsi de haut.
- Certes
non, Madame, répondit Merlin. Mais justement, un mage ne doit jamais dévoiler ses
secrets à une femme et encore moins à une fée telle que vous l’êtes. »
Arya leva les
yeux au ciel en soupirant. L’homme l’agaçait profondément. Elle croisa les bras
en l’observant. Il restait obstinément à bonne distance d’elle et ne voulait
pas répondre à ses questions. La jeune femme l’interrogea:
« Messire
Merlin, ce comportement étrange que vous adoptez envers moi me laisse penser
que ma personne vous effraie. Je n’apprécie guère votre refus de contribuer au
bon déroulement de ma mission ici bas, ni le fait que vous restiez obstinément
à bonne distance de ma personne.
- Je suis dans l’incapacité de vous épauler dans vos recherches. Votre demande va à l’encontre de mes principes.
- Je ne parle pas uniquement de cela! répliqua Arya énervée. Pourquoi ne venez-vous pas vous asseoir à mes côtés? Ne serions-nous pas plus à l'aise pour deviser?"
La suite, jeudi prochain...
16 avril 2009
LE VOYAGE DES LEGENDES
CHAPITRE QUATRE (3e extrait)
La
leçon dura une bonne partie de l’après-midi. Le roi avait donné ses ordres pour
n’être dérangé sous aucun prétexte tant que l’Envoyée de la Dame du Lac se
trouverait dans la salle d’armes. Les hommes jugeaient pour le moins déplacé
qu’une femme croise le fer avec le roi, qui plus était une fée qui n’en avait
aucun besoin puisqu'elle devait détenir des pouvoirs miraculeux. Cependant
personne n’oserait remettre en cause les décisions d’Arthur, tous le
respectaient autant qu’ils le craignaient. Ce jeune homme sans la moindre noble
origine était parvenu à extraire une épée magique d’un rocher, où une entité
tout aussi étrange l’avait plantée, accomplissant ainsi la prophétie annoncée
par Merlin. Le prodige inspirait une certaine frayeur aux habitants du royaume,
frayeur qui les poussait à éprouver un profond respect envers le jeune roi.
Heureusement, le cœur de celui-ci était assez noble pour qu’il n’abuse pas de
cette emprise à mauvais escient.
Les
heures d’entraînement les épuisèrent finalement. En nage, ils décidèrent de
mettre fin à la séance. Arya n’en pouvait plus. Elle alla reposer son arme en soufflant
comme si elle avait couru des heures durant. La robe était en grande partie
responsable de sa fatigue tant elle avait encombré ses gestes. Arthur dut
reconnaître que l’Envoyée usait de l’épée avec un talent certain.
« Dame
Arya, vous m’avez impressionné. N’aviez-vous point par hasard déjà croisé le fer
auparavant ?
-
Nullement, Sire. Je n’en ai jamais eu aucun besoin.
-
En ce cas, vous apprendrez promptement. Vos mouvements sont souples et rapides,
vous avez parfaitement reproduit tous ceux que je vous montrais, vous vous
protégez avec efficacité. J’aurai grand plaisir à renouveler cet échange, si
vous-même avez apprécié la démonstration. »
Arya
sourit, très touchée que le roi lui adresse une telle proposition.
« Je
vous en suis grandement reconnaissante. J’accepte avec joie et j’attendrai
l’heure de nos prochains duels avec diligence.
-
J’en suis heureux ! Permettez que je vous raccompagne…»
Arthur
la précéda jusqu’à la porte qui donnait sur la petite pièce où elle avait
patienté avant le commencement de la séance. Arya adressa une révérence au roi
et celui-ci referma la porte derrière elle. Désormais seule, la jeune femme
n’éprouva alors qu’un seul désir ; prendre un bain le plus tôt possible.
Elle transpirait abondamment et détestait l’odeur de la sueur, cela lui donnait
le sentiment désagréable d’être réduite à l'état animal.
Ses épaisseurs de vêtements collaient à sa peau de manière extrêmement déplaisante.
La jeune femme tira sur l’étoffe pour la détacher de sa poitrine
et lui permettre de respirer un peu mieux. Elle entrouvrit bientôt la
porte qui donnait sur le couloir, jeta un coup d’œil pour vérifier que personne
n’allait la croiser alors qu’elle gagnerait l’une des salles d’eau. Arya aurait
eut honte que les sujets du roi, l’un ou l’autre des chevaliers, ou pire, la
reine, ne la croisent et aperçoivent sa mine affreuse. Ses cheveux collaient à son front
et des gouttes de transpiration perlaient sur ses tempes, son visage était
rouge et sa respiration saccadée. Son allure était extrêmement déplacée.
Comme
personne ne semblait menacer sa fierté, Arya s’élança dans le couloir ,rapide
comme l’éclair, et elle gagna en courant la première salle d’eau qui se
trouvait sur son chemin. Elle y entra en coup de vent, referma la porte dans
son dos et poussa un soupir. La jeune femme avançait vers un bac vide lorsque Guaronde
accompagnée de deux suivantes la rejoignit.
« Messire
Arthur nous a fait savoir que vous souhaiteriez vous baigner une nouvelle fois,
Madame. » commenta Guaronde pour expliquer leur présence forte à propos.
La
femme ne cachait pas son étonnement quant à la nécessité de ce second bain en
deux jours, mais elle ne confia pas ses pensées à haute voix.
« Notre
Sire pourvoit fort bien à mon bien-être, il pressent parfaitement mes besoins.
En effet, je souhaite me laver tous les jours, confirma Arya.
-
Très bien Madame. »
Guaronde
songea que les fées avaient de drôles d’habitudes. Personne en ce bas monde ne
se lavait tous les jours et encore moins à grande eau ! Les gens de noble
lignage prenaient soin de leur corps environ toutes les deux semaines et le
peuple se décrottait à l’occasion, plus souvent en été qu’en hiver. La
gouvernante obtempéra néanmoins car elle avait l’habitude de servir les lubies des
habitants du château. Arthur prenait d’ailleurs lui aussi des bains réguliers.
La
femme ordonna aux jeunes servantes de préparer la toilette. Pendant que l’eau
chauffait au dessus de l’âtre, Guaronde s’éclipsa pour revenir quelques minutes
après les bras chargés de linges et de vêtements propres. La femme déposa les
différents vêtements qui constitueraient la nouvelle tenue propre d’Arya sur
une commode. Comme lors du premier bain, elle disposa les linges de toilette
sur la table et un dernier au fond de la baignoire en bois. Peu après, les
sdomestiques commencèrent à remplir la grande bassine. Comme la fois précédente,
Guaronde voulu aider Arya à se déshabiller mais la jeune femme refusa toute aide.
« Merci
Guaronde, mais je m’occuperai moi-même de me dévêtir.
-
A votre aise, Madame. »
Enfin,
après la courbette d’usage et une fois le bac rempli à bonne hauteur, les
femmes se retirèrent. Et comme la première fois, Arya pu se détendre en paix.
La
nuit commençait à tomber lorsqu’elle quitta la salle d’eau, coiffée et parée
comme une princesse. Elle portait une robe de couleur verte qui s'accordait parfaitement avec son teint, rehaussant ses taches de rousseur et sa chevelure, qui tombait en folle cascade sur ses épaules et dans son dos.
Merlin devait être de retour de la forêt, avec moult jeunes
plants pour ses potions. Arya devait trouver le mage, elle souhaitait s’entretenir
avec ce personnage tout aussi illustre et mystérieux que le grand Arthur. La
jeune femme traversa le château pour se diriger vers la cour. Les couloirs brillaient déjà des
torches allumées. Arya croisa beaucoup de monde, tous gagnaient la grande salle
commune. LL'Envoyée en atteignit l’entrée et y jeta un coup d’œil rapide
avant de poursuivre son chemin. De nombreuses personnes discutaient
joyeusement, debout, attablées autour d’un jeu ou assises sur des coussins
posés à même le sol. Dans un coin, Arya reconnu Tanceline au milieu de quatre
autres jeunes femmes, sans doute les maîtresses du roi tant leurs toilettes luxueuses scintillaient de mille
brillants. L’Envoyée dépassa
l’endroit et croisa un groupe de chevaliers. Les hommes admirèrent la prestance
de la jeune femme rousse avant de baisser les yeux, contrits par leur audace. Dévisager
ainsi une fée ne constituait pas un comportement très chevaleresque. Arya, gênée,
accéléra le pas pour sortir de la
bâtisse.
Elle
émergea à l’air libre et inspira un bol d’air frais avec bonheur. Les étoiles
scintillaient sur la voûte céleste comme autant de guirlandes de Noël. L’astre
de la nuit dispensait déjà sa lueur argentée sur la Terre et conférait à
l’endroit un aspect irréel. Des éclats de rire émergeaient parfois de la salle
commune et Arya se mit à sourire. Elle éprouvait un immense bien être à vivre
une aventure si incroyable.
La rêverie prit rapidement fin lorsque le regard
de la jeune femme fut attiré par la lumière qui provenait de l’officine de Merlin. Le laboratoire
du sage prolongeait l’aile est du château sans pour autant en faire partie. Le
roi avait ajouté cette construction pour accueillir Merlin et lui permettre de
travailler convenablement à l’élaboration de potions et de formules magiques en
tous genres. Arya ressentait maintenant un curieux empressement à connaître
davantage le magicien. Elle l’avait seulement croisé sous la tente, à son
arrivée dans cette époque, elle l’avait entrevu car sa fatigue la baignait alors
dans une semi inconscience. Cet homme lui avait laissé une drôle d'impression...
Arya
traversa la cour d'un pas rapide puis elle ralentit en parvenant devant la porte en bois fermée qui
donnait sur l’antre du magicien. Elle frappa quelques coups de son poing fermé. Une voix éraillée lui
parvint de l’intérieur.
« Je
suis occupé !
- Messire
Merlin ? Je suis Dame Arya, je souhaiterais vivement m’entretenir avec
vous !
- Dame Arya ? répéta la voix surprise du vieil homme. Très bien, j’arrive ! »
La suite, jeudi prochain...
Ah! Ah! Vous attendiez la fameuse rencontre avec Merlin et ce n'est encore pas pour aujourd'hui! [sourire] Ne vous inquiétez pas, promis, vous l'aurez la semaine prochaine. Je me dois de l'écrire du mieux possible afin de ne pas vous décevoir.
02 avril 2009
LE VOYAGE DES LEGENDES
CHAPITRE QUATRE ( 2e extrait)
Ravie, Arya acquiesça. Elle soupesa les armes pour en trouver une légère et facile à manier. Elle choisi une épée légère qu’elle pourrait manier assez aisément avec une seule main, puis elle se tourna vers le roi. Arthur hocha la tête, approuvant sa décision et l’invita à commencer l’entrainement. Arya hésitait.
« Croyez-vous que je puisse manier le glaive dans cet accoutrement ? Mes mouvements ne seront pas gênés par la robe ? »
Arthur sourit, une brève vision de sa sœur en tenue de combat passa devant ses yeux.
« Vous ne guerroyez pas, présentement. Vous devez d’abord apprendre à tenir correctement votre arme. »
Arya acquiesça en rougissant. Quelle idée ridicule d’avoir imaginé pouvoir croiser le fer aussi facilement qu’un chevalier, dès le début de son apprentissage !
La leçon commença. Tous deux prirent position face à face au milieu de la pièce, à bonne distance l’un de l’autre. Arthur tira Excalibur du fourreau dans un bruit métallique. L’épée scintilla, des signes gravés sur la lame brillèrent sous les rayons du soleil. Aussitôt, Arya sentit une force attirer son bras vers l’épée. Malgré sa surprise, la jeune femme essaya de résister du mieux qu’elle put en espérant que le roi ne s’apercevrait pas du problème. Elle contracta les muscles de ses jambes pour opposer le poids de son corps à l’attraction provoquée par l’épée. Arthur brandit Excalibur devant lui, invitant Arya à l’imiter. Ce qu’elle fit, sans réussir davantage à défier le magnétisme qu’exerçait Excalibur sur son bras. A son tour, Arthur ressentit l’attraction puissante qui tirait son épée vers Arya. Soudain, leurs pieds glissèrent sur les dalles polies, et en quelques instants, ils se retrouvèrent l’un contre l’autre, le bras de la jeune femme collé contre l’épée magique. Surpris, Arthur tenta vainement de repousser Arya. Il vit avec stupéfaction que la jeune femme ne parvenait pas à se défaire de l’épée.
« Mais quel est ce sortilège ? », s’écria-t-il interdit.
Arya ne répondit pas tant elle était ennuyée de subir une situation si pénible. Ils durent unir leurs forces pour détacher l’épée. Quand ils y parvinrent enfin, tirant chacun en sens inverse, la force résultant de l’énergie qu’ils avaient déployée pour briser le magnétisme, les projeta tous les deux à terre. Arthur rengaina aussitôt Excalibur pour ne pas reproduire l’enchantement. Arya se releva, très ennuyée. Cette fichue épée devait être composée d’un métal très magnétisé, sans quoi pareil évènement ne se serait pas produit. La jeune femme connaissait le métal qui provoquait un tel magnétisme, le magnélane, mais au Moyen-âge, cet alliage composé de fer, de nickel et de titane, le tout ajouté au dernier élément découvert sur Mars en l’an 2078, le magnel, dont le magnétisme était extrêmement puissant, n’existait pas encore. Une telle découverte contraria profondément Arya.
« Peut-être devriez-vous user d’une autre épée, Sire, suggéra la jeune femme.
- Certes », concéda-t-il.
Mais au lieu de marcher vers les armes pour s’en procurer une autre, le roi approcha d’Arya en fronçant les sourcils.
« Vous allez me dire d’abord ce que vous cachez sous ce gant, Madame. » manda-t-il d’un ton péremptoire.
Arya savait qu’elle ne pourrait pas cacher la nature de son bras plus longtemps. Mais comment expliquer à Arthur ce qu’il allait voir ?
« Je ne crois pas que vous allez comprendre de quoi il s’agit, Sire.
- Montrez- moi quand même. » Somma-t-il une nouvelle fois, le regard dur.
Arya obtempéra, elle retira son gant. En découvrant le bras étrange, Arthur eût un mouvement de recul. En effet, il ne comprenait pas. Il ne pouvait pas tout comprendre. Pour lui il était naturel qu’une envoyée des dieux ne soit pas totalement de la même composition que le commun des mortels. Cependant, voir de ses propres yeux un objet magique faire partie intégrante d’un corps humain le laissait perplexe.
« Qu’est-ce que cela ? », demanda-t-il curieux.
Arya savait fort bien qu’à cette époque, la magie expliquait très aisément tout ce que l’on ne comprenait pas. La jeune femme voulait néanmoins répondre le plus sincèrement possible au roi.
« Cette partie de mon bras est magique. Grâce à lui, je peux voyager. Lorsque ma mission sera finie ici bas, je pourrais rentrer chez moi grâce à cela. »
L’explication, parfaite, sembla satisfaire Arthur. Il la regarda en souriant.
« Je me demandais comment Merlin vous avait faite venir et comment il pourrait vous renvoyer dans votre monde. Cela répond à ma question.
- Merlin n’est absolument pas responsable de ma présence ici.
- Je m’en doutais depuis le début. Bon, fit Arthur en se dirigeant vers les armes pour empoigner une nouvelle épée, reprenons. Et surtout, faites preuve de prudence désormais, ne montrez ce bras à personne. »
Arya acquiesça, heureuse d'échapper à un interrogatoire plus poussé.
La suite, jeudi prochain...
27 mars 2009
LE VOYAGE DES LEGENDES
Chapitre quatre
L’enthousiasme d’Arya était contagieux. Le roi sentit son cœur plus léger. Ils quittèrent ensemble la pièce, Arthur conduisit Arya à travers la partie ouest du château. Ils traversèrent la salle commune, vide à cette heure ci, puis une tour avant de pénétrer dans un bâtiment où peu de femmes se rendaient habituellement. L’endroit était réservé au stockage des armes de guerre et de défense de Camelot et l’on y trouvait aussi les salles d’entraînement des soldats et des chevaliers. Les geôles et les oubliettes se trouvaient dans les sous-sols de la tour sud-ouest. Arthur mena Arya le long d’un couloir dont le mur gauche était creusé de grandes fenêtres qui donnaient sur la cour. Le roi s’arrêta devant une petite salle qui jouxtait la salle d’armes, ouvrit la porte et invita Arya à entrer. La jeune femme pouvait entendre les lames s’entrechoquer de l’autre côté du mur, ainsi que les plaintes des hommes qui s’exerçaient.
« Patientez un instant. Je viendrais vous ouvrir tantôt cette porte là-bas, expliqua Arthur en désignant une sortie sur la droite.
- Très bien, Sire.»
Le roi se retira en refermant la porte derrière lui. Arya jeta un coup d’œil circulaire dans la petite pièce. Une table entourée de trois chaises trônait en son centre et une grande armoire se trouvait contre un mur. Arya hésitait à l’ouvrir, de peur de se faire surprendre par un intrus ou par le roi lui-même, mais la curiosité était trop forte. La jeune femme s’approcha du meuble, en tourna l’une des clés et ouvrit le battant. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant des tenues de combat féminines! Arya n’en revenait pas. Elle se demandait à qui pouvaient bien être destinés ces vêtements puisqu’aucune femme ne s’aventurait dans cet endroit du château, et encore moins ne devait s’essayer à l’entraînement à l’épée ! La nouvelle venue, décidément très curieuse, sorti un ensemble composé d’une chemise en lin beige, d’un corset de couleur sombre et d’un pantalon en toile de couleur marron. De longues bottes en cuir assez souples attendaient en bas de l’armoire.
Soudain, le cœur d’Arya s’affola. Elle ne percevait plus la moindre agitation en provenance de la salle d’armes. En toute hâte, l’indiscrète replaça les vêtements dans l’armoire, la referma rapidement et tourna la clé. Elle s’écartait du meuble au moment où Arthur ouvrit la porte du fond pour l’inviter à le rejoindre. La jeune femme soupira de soulagement et suivit le roi.
« Bienvenue dans mon temple, Madame ! » déclara ce dernier avec un grand sourire en désignant la salle d’un geste large.
Arya eut le souffle coupé en découvrant la splendeur de la salle d’entraînement. La jeune femme admira une pièce circulaire inondée de lumière par trois grandes fenêtres. Des épées, des sabres et des boucliers couvraient le mur sur sa gauche. Des cercles concentriques étaient peints sur le sol au centre de la salle. Arya avait lu quelque chose sur cette technique de combat, décrite dans l’un des livres de la collection de son grand-père, homme passionné d’histoire et de légendes. Plus les guerriers étaient perfectionnés, plus ils évoluaient dans les petits cercles, réalisant ainsi des mouvements moins amples et plus efficaces.
L’Envoyée se déplaçait dans la salle sans cacher son enthousiasme qui se lisait facilement sur son visage. Arthur était satisfait de constater que l’endroit avait produit son petit effet. Arya se retourna vers lui.
« Cette pièce est magnifique, commenta-t-elle.
- Je suis fort aise qu'elle vous agréé. Rares sont les femmes qui apprécient les salles d'armes, rares sont les femmes qui éprouvent un goût quelconque pour les armes d'ailleurs."
Arya se dirigea vers les épées, observa les lames avec un intérêt certain et murmura pour elle-même :
« Comme j’aimerai savoir manier le glaive… »
Arthur, qui l'avait entendue, s’approcha d’elle et répondit :
« Choisissez le vôtre. »
Arya, étonnée, le dévisagea.
« Pardonnez-moi ?
- Je me doutais que cet art vous séduirait. Vous me rappelez de plus en plus ma soeur, Morgane..."
Les yeux du roi semblèrent s’éteindre à cette pensée. Gênée, Arya ne sut quoi répondre. Elle réalisait qu’un événement douloureux s’était produit. Maintenant que le roi évoquait sa sœur, la jeune femme comprenait la présence des tenues féminines dans l’armoire. Elle n’avait pas encore croisé la célèbre Morgane, personnage qui apparaissait dans les légendes comme une jeune guerrière intrépide doublée d’une fée. Arya se souvenait que Morgane s’était élevée contre les chevaliers de la Table Ronde, contre Arthur et Guenièvre, mais les causes de ces oppositions n’étaient pas claires, chaque histoire donnait sa propre version des incidents. Cela constituait un mystère de plus qu’elle espérait avoir l’occasion d’éclaircir au cours de son séjour.
Arthur reprit, en chassant ce souvenir pénible de son esprit :
« Rares sont les femmes qui manient l’épée, mais en votre qualité d’Envoyée de la Dame du Lac, je peux concevoir votre désir comme une demande légitime. Si vous devez m’accompagner, un jour prochain, dans une mission pour quérir le Graal, il serait plus prudent que vous sachiez vous défendre. »
La suite, jeudi prochain...
Pour Annick: Merlin ne sera pas pour tout de suite, un évènement particulier va d'abord se passer entre nos deux héros, dans la salle d'armes, jeudi prochain, sans faute [sourire]...
19 mars 2009
LE VOYAGE DES LEGENDES
PREMIERE PARTIE
CHAPITRE TROIS (6e extrait)
Arya lui sourit.
« L’endroit est très confortable. Je bénéficie de toute l’opulence nécessaire à mon séjour en ces lieux..»
Puis, regardant Arthur, elle ajouta :
« Sire, je vous renouvelle ma gratitude. Vous prenez grand soin de ma personne. »
Séli comprit qu’Arya n’était pas femme à se laisser impressionner. La nouvelle venue ne devait pas son bien-être aux attentions de la mère de la reine. La vieille femme remarqua immédiatement le regard étrange qu’Arthur portait sur Arya. Elle poursuivit.
« Je me demandais comment vous comptiez occuper votre temps, maintenant.
- Ma présence ici n’a qu’un seul but, Madame. Aider notre Roi dans sa quête du Graal et je m’y emploierai jusqu’à ce que l’objet soit enfin découvert.
- Comment comptez-vous vous y prendre ? s’étonna la femme. Nos chevaliers n’y sont pas encore parvenus, alors même qu’ils allient force, courage et ténacité, qu’ils battent le monde à la recherche de la coupe divine depuis de nombreuses années. Pardonnez ma hardiesse, mais seriez-vous assez naïve pour penser que votre venue résoudra l’énigme ?
- Dame Séli, intervint le roi d’une voix grave, votre manque de courtoisie envers une personne envoyée par les dieux m’indispose profondément. Je ne saurai tolérer qu’un tel comportement se reproduise ! »
Séli baissa les yeux, contrite. Mais elle fixait encore Arya, lui faisant comprendre que sa question restait posée.
« Sire, permettez-moi de répondre aux interrogations de Dame Séli. Ces propos sont certes malavisés, une dame de son rang devrait réfléchir à deux fois avant de s’adresser de la sorte à ma personne, fit Arya pour bien imposer l’importance de sa présence. Mais elle est en droit d’être éclairée. »
Puis, s’adressant à la femme avec une assurance certaine, se plaisant de plus en plus à jouer son rôle d’agent divin :
« Je suis venue justement car la quête du Graal est rude et malaisée. Je ne prétends pas résoudre les questions en un tour de main, mais je pense pouvoir élucider certains mystères. Ne vous inquiétez pas, je ne compte pas bouleverser la vie du château et de ses sujets. Ma mission ne consiste pas à régenter le royaume. Je laisse ce travail à qui de droit. »
Séli, énormément vexée par les réparties d’Arya, hocha la tête avant de se concentrer sur sa nourriture sans plus parler. Arya jeta un coup d’œil à Arthur qui approuva d’un signe de tête. Le repas se termina sans mot dire. Arya, ayant fini son repas avant dame Séli, attendit tout de même que la belle-mère du roi ait terminé à son tour. Tous trois se levèrent alors. La vieille femme salua Arya puis le roi et se retira. Arthur soupira.
« Je suis désolé que vous ayez eu à souffrir de l’audace de ma belle-mère. Elle éprouve quelques difficultés à respecter la bienséance.
- Je comprends, ne vous inquiétez pas, Monseigneur. Je sais me préserver des morsures. »
Arthur sourit. Lui-même voyait en Séli une vipère dont il honnissait la présence.
« Avez-vous pu occuper votre matinée à votre aise ? s’enquit Arthur curieux.
- Parfaitement. La bibliothèque a constitué une excellente surprise, dit Arya. Elle renferme un nombre inimaginable de trésors de littérature. »
Arthur était touché de voir que l’envoyée des dieux partageait son amour des livres. Cette bibliothèque fournie était l’une de ses grandes fiertés. Arya poursuivit :
« Je ne doute pas de trouver quelques anecdotes sur le Graal qui pourront nous éclairer. Désormais, je voudrais rencontrer Merlin. Il a sans doute une grande connaissance du Graal et de ses mystères.
- Comme je vous l’ai dit tantôt, Merlin doit se trouver dans la forêt en ce moment. Il profite toujours du renouveau du printemps pour récolter de jeunes pousses pour ses potions. Je pense qu’il ne reviendra au château qu’en soirée.
- Très bien, je vais devoir occuper mon temps autrement », fit Arya déçue.
Elle ne savait pas à quoi employer son après-midi, n’ayant aucune envie de se replonger dans l’atmosphère agréable certes, mais confinée de la bibliothèque. Arthur avait bien une idée à lui proposer, ayant lui-même le désir de passer un moment en sa compagnie, trouvant là l’occasion de s’extraire de ses obligations. D’ailleurs, passer du temps avec l’Envoyée devenait de fait l’une de ses obligations désormais. Il proposa :
"Que diriez-vous de visiter une partie du château que peu de femmes ont le loisir de connaître?
- Ah oui? Laquelle? demanda Arya intriguée.
- La salle d'armes. Cet endroit constitue l'une des pièces importantes de céans, au même titre que la bibliothèque, et il me serait fort agréable de vous la faire découvrir."
Les yeux d'Arya s'illuminèrent à cette idée. Voyant la mine réjouie de la jeune femme, le roi poursuivit:
« Les affaires du royaume peuvent bien patienter quelques heures. Maintenant que la menace des Saxons est éloignée, je peux vous consacrer quelques heures.
- J’en serais enchantée ! Mais n’est-ce pas là l’occasion à de nouveaux commérages ?
- Ne vous souciez point des ragots. ce sont là les préoccupations des simples gens."
Fin du 3e chapitre. La suite, jeudi prochain...
12 mars 2009
LE VOYAGE DES LEGENDES
AVIS IMPORTANT: Mon récit est désormais publié par le site "Le Publicator". J'ai mis en ligne le premier chapitre, grandement modifié depuis sa parution sur mon blog. D'autres auteurs publient leurs romans sur ce site, dont Pacô, qui m'a invitée à publier mon roman aussi et je l'en remercie.
PREMIERE PARTIE
CHAPITRE TROIS (5e extrait)
Lancelot s’effaça pour laisser entrer Arya, puis il quitta les lieux pour vaquer à ses propres occupations. Un feu brûlait dans la cheminée contre le mur tout de suite à droite de l’entrée. Deux petites fenêtres closes par un voile éclairaient suffisamment l’endroit. Aucune autre ouverture ne se trouvait dans la pièce. Au milieu se trouvait une table de pierre entourée par six chaises. Arthur se tenait sur la chaise du fond. Il leva la tête sur Arya en entendant la voix de Lancelot. Il se leva aussitôt pour accueillir la jeune femme, comme il l’avait fait le matin même. Son visage s’illumina alors et il invita Arya à s’asseoir, ce qu’elle fit en le remerciant.
« Madame, vous prendrez vos repas à ma table désormais. Vous êtes la bienvenue et votre place est ici et non au milieu des gens de mon château.
- Je vous remercie, Sire. »
A cet instant, une domestique entra dans la salle, portant un plateau de victuailles pour Arya. Une autre la suivait avec un panier de pain et un pichet en terre cuite rempli d’eau. Les jeunes filles déposèrent le tout sur la table et adressèrent une révérence à Arya puis une autre au roi. Elles se retirèrent aussi vite qu’elles étaient apparu. Le plateau était une nouvelle fois très bien garni, composé de poulet, de navets, de fèves, de fromage et deux oranges. Arya allait s’emparer du poulet à pleines mains, quand elle sentit peser sur elle le regard d’Arthur. Elle leva la tête, hésitant à entamer son repas.
« Non, non, ne soyez pas gênée, intervint le jeune roi. Je viens de terminer mon propre déjeuner, mais je ne vous laisserai pas sans compagnie. »
Arya sourit et commença àmanger. Elle lui dit entre deux bouchées :
« Je suis contente de me retrouver ici, Sire. Je dois reconnaître que je ne me sentais pas à l’aise en cuisine.
- Je vous comprends. Les basses gens sont simples, mais elles manquent de tact. Vous auriez été le sujet de conversation de toutes les tablées et personne n’aurait éprouvé la moindre gêne pour parler de vous en votre présence ! »
Arthur se mit à rire à cette idée.
« Je ne trouve pas ça drôle, fit Arya avec une moue.
- C’est pourquoi je vous ai faite venir, dit Arthur en retrouvant son sérieux. Une dame de votre qualité n’a pas sa place là-bas. Vous n’avez pas à souffrir de leurs manières. Je suis persuadé que vous êtes déjà la source de bien des commérages. Il n’est nul besoin de vous donner en pâture !
- Merci bien », murmura Arya en gardant les yeux rivés sur son assiette.
La jeune femme n’en voulait pas au roi de sa taquinerie car elle était au contraire heureuse de le voir sourire. A son entrée dans la pièce, elle lui avait trouvé une mine bien trop affligée pour un homme de sa qualité.
La mère de Guenièvre, dame Séli de Carmélide, une femme âgée aux cheveux grisonnants, pénétra dans la salle en compagnie d’une suivante qui portait son plateau. La mère de la reine portait une magnifique robe rouge et noire et se déplaçait avec un air altier. Arthur salua sa belle-mère d’un regard sans enthousiasme. Il connaissait trop le caractère de cette femme pour être aussi froid que celui de sa fille. Séli fut surprise de trouver Arya en compagnie du roi, mais son visage ne trahit pas la moindre émotion tant elle savait faire preuve de bienséance. L'invitée s'était levée à l'entrée de la femme pour la saluer d'une révérence que Séli accueilli d'un hochement de tête. Elle prit place sans mot dire, alors que la suivante déposait le plateau avant de se retirer. Arya se rassit et Arthur se laissa aller en arrière sur le dossier de sa chaise, attendant, un petit sourire aux lèvres, de voir comment Séli, qui n’avait pas pour habitude de taire ses pensées tout en les présentant avec verve, allait accueillir la nouvelle venue. Mais la dame n’était pas stupide. Arya n’était pas une femme du peuple et sa présence à la table du roi était tout à fait acceptable. Séli entama la conversation pour détendre l’atmosphère.
« Madame, je vous souhaite la bienvenue parmi nous. Comment trouvez-vous votre logis ? »
La suite, jeudi prochain...
05 mars 2009
LE VOYAGE DES LEGENDES
TROISIEME CHAPITRE (4e extrait)
Arya s’exécuta aussitôt, trop heureuse de rejoindre Arthur et de fuir ce lieu qui se remplissait d’inconnus. Elle redoutait de manger au milieu des habitants du château, aussi aimables et respectueux envers elle soient-ils. Elle avait craint d’être sans cesse dévisagée par les regards curieux autour d’elle. Lancelot la tirait d’un bien mauvais pas. Tout en quittant les cuisines, ils croisèrent les dames de compagnies de la reine et de sa mère, les maîtresses du roi, quelques chevaliers qui n’étaient pas encore partis en mission, mais aussi des femmes de chambre et tous les manants qui travaillaient au service du roi. Tout le monde se retrouvait à la même heure pour partager le repas. Très vite, les cuisines résonnèrent des conversations animées des uns et des autres.
Arya et Lancelot longèrent quelques couloirs. Ils croisèrent Guenièvre qui sortait d’une pièce le regard triste. Elle leva les yeux sur Lancelot et aussitôt, sa mine se réjouit. Elle lui adressa un grand sourire, qui s’effaça aussitôt en une moue dure lorsqu’elle aperçut Arya derrière le chevalier. La reine et le chevalier se croisèrent sans échanger la moindre parole, mais Arya avait immédiatement compris leur manège. Il était évident que la reine appréciait le premier chevalier.
Alors qu’Arya quittait la bibliothèque en compagnie de Guireg, Arthur était revenu de son excursion depuis peu. Il venait d’envoyer Bedivere et Pellinor prendre des nouvelles du peuple. Les deux chevaliers mettraient plusieurs jours à parcourir les terres foulées par les soldats ennemis. Le roi était donc rentré seul au château. Il avait troqué sa tenue souillée par la terre et la poussière des chemins, pour un habillage plus présentable lors du repas.
Arthur mangeait en bout de table dans la grande salle réservée à la famille royale. La pièce donnait directement sur le jardin intérieur, savamment entretenu par la reine, jardin qu’Arya avait admiré depuis la fenêtre de sa tour. Guenièvre était assise en ce moment même à la droite de son époux. Sa belle-mère n’était pas encore arrivée et son beau-père, Léodagan, qui faisait partie des chevaliers de la table ronde, venait de partir pour une longue mission sur les terres de l’est. Le couple royal n’échangeait aucune parole. Le silence était lourd entre eux. Arthur ne parvenait pas à s’y habituer, ni la reine d’ailleurs. L’un ou l’autre se hâtait toujours de terminer son assiette, prétextant telle ou telle affaire urgente à régler. Arthur savait que s’il ouvrait la bouche, il se trouverait soit face à un mur impassible, soit face à une vipère prête à mordre. Malgré tout, il risqua un pas vers Guenièvre.
« Nous devrions nous retrouver plus souvent en soirée, ma mie. »
La reine leva ses yeux foncés vers lui, un sourcil levé.
« Vous n’avez aucun besoin de moi, Sire. Vous avez suffisamment de maîtresses pour vous contenter. »
Il s’était attendu à cette réponse.
« Je ne souhaite pas me contenter, comme vous dîtes. J’aimerais passer plus de temps en votre compagnie.
- Que suis-je censée faire en ce cas ? Me soumettre à mon Roi ou à mon époux ? »
Elle était amère. Arthur en eût le cœur brisé pour la énième fois.
« J’aimerais voir en vous une amie, et non cette femme glaciale qui me fait front jour après jour. »
Il lança sur elle un regard un peu sévère, mais elle le connaissait bien maintenant.
« Pardonnez-moi, Arthur. Mais ne vous voilez plus la face. Je ne vous aime pas. Je ne vous aimerais jamais, quoique vous fassiez.
- Vous pourriez faire un effort…
- J’en ai fait, coupa-t-elle sèchement. Et que m’avez-vous donné en retour ? Votre amour ? La belle affaire ! C’est un enfant que je veux de vous. Un bébé m’aiderait à supporter une situation que je n’ai pas choisie. Mais vous êtes incapable de me le donner. »
Elle détourna les yeux de lui. Arthur soupira.
« Je connais votre ressentiment. Moi aussi j’aurais aimé que nous ayons un enfant. Je connais quelques couples dans mon royaume qui vivent heureux malgré tout. Nous pourrions vivre ainsi, proposa-t-il sans réel espoir.
- Et bien c’est au-dessus de mes forces. Vous ne faites de toute façon plus aucun pas vers moi…
- Je le fais maintenant, coupa à son tour le roi.
- Je sais, souffla Guenièvre en baissant la tête sur son assiette. Mais je crois que même ainsi, je ne veux pas de vous ni de vos attentions. »
Le roi ne poursuivit pas la conversation. Il savait que le combat était perdu d’avance. Peut-être les rumeurs étaient-elles fondées. La reine éprouvait sans doute quelque sentiment pour un autre homme. Mais Arthur ne voulait pas entendre parler de cette ignominie. Vraie ou non, la chose était si irrespectueuse envers l’honneur du couple royal, qu’il ne voulait même pas y penser. Guenièvre se retira bientôt. Quelques minutes plus tard, Lancelot entra dans la salle, suivit d’Arya.
« Sire, l’Envoyée de la dame du Lac ... »
La suite, jeudi prochain...
26 février 2009
LE VOYAGE DES LEGENDES
CHAPITRE TROIS (3e extrait)
Guireg déposa, sur une table proche de son propre pupitre, toute une pile de documents manuscrits. Depuis qu’il travaillait au service du roi, il retranscrivait méticuleusement les récits de chaque chevalier revenu de mission. Chaque trouvaille, chaque échec, chaque indice était parfaitement retranscris. Il ne doutait pas que l’envoyée de Dieux serait satisfaite de trouver toutes ces précisions. Pendant ce temps, Arya parcourait les allées de livres, éblouie par la magnificence des ouvrages. Elle confia son émerveillement au moine qui en fut très flatté. Il lui révéla qu’Arthur éprouvait un intérêt peu commun pour les livres et que grâce à cela, lui-même, Guireg, trouvait dans ces textes un enrichissement et une culture permanents. Ses journées passaient rapidement entre son travail à la bibliothèque et les nombreuses réunions organisées par le roi pour évoquer le Graal et les résultats des différentes quêtes, réunions auxquelles il devait se présenter impérativement. Le soleil était proche de l’horizon lorsqu’Arya regarda, médusée, le tas d’ouvrages qu’ils avaient rassemblés sur la table.
« Et bien, avec tout cela, j’ai de quoi m’occuper pendant de nombreux jours !
- Oui, moi-même je n’ai pas encore lu la plupart de ces livres, reconnu le moine.
- Est-il possible de laisser tout cela ainsi ? Je… Comment dire, fit Arya gênée, je suis affamée…
- Oui, oui, je ne toucherai à rien, dit Guireg en souriant. Personne ne vient ici, si ce n’est le Roi, de temps à autre, quand sa fonction lui en laisse le loisir. Je vais d’ailleurs vous accompagner en cuisine. J’éprouve moi-même la nécessité de me sustenter. »
Tout deux quittèrent donc la bibliothèque. Sur la demande de la jeune femme, Guireg la conduisit aux cuisines en passant par l’intérieur du château. Arya découvrit ainsi que la laverie de camelot se tenait sous la bibliothèque. Des domestiques frottaient, rinçaient, battaient les linges dans les grands réservoirs remplis d’eau. Guireg expliqua rapidement que Camelot avait la chance de profiter d’une source qui jaillissait dans la grande cour, permettant à chacun d’utiliser l’eau à volonté. Pendant ce temps, les bras chargés de draps ou de vêtements, les servantes sortaient à l’extérieur du château du côté est, pour se diriger vers une longue cour située entre le bâtiment et les remparts. Elles étendaient les linges sur les cordages, hiver comme été.
Arya et Guireg traversèrent la salle, puis ils débouchèrent dans la tour où se trouvait la chambre d’Arya. Ils passèrent dans la salle d’ouvrage, vide de monde. Enfin, Guireg mena Arya dans le couloir principal jusqu’aux cuisines. L’une des femmes qui préparaient les repas s’approcha des nouveaux venus. Arya reconnu celle qui lui avait donné l’excellent morceau de pain en début de matinée. La femme expliqua à l’envoyée des dieux que les repas se prenaient habituellement en ce lieu. Seul le roi avait le privilège de manger à l’écart, en compagnie des personnes de sa famille et de celles qu’il lui arrivait de convier. Les repas étaient servis aux trois heures habituelles de la journée, mais l’on pouvait venir se sustenter assez librement. Arya s’installa à table pour être servie. La grande salle contenait une dizaine de longues tables entourées de bancs. Dans le fond, plusieurs âtres crépitaient et réchauffaient de grosses marmites fumantes. Cet endroit était sans nul doute le lieu le plus chaud du château. Sur toute la partie gauche de la pièce et jusqu’à la cheminée s’alignait une série de meubles bas en bois, encombrés de casseroles, d’assiettes, de couteaux, de bassines et de victuailles. Dans un coin, une porte donnait sur la remise où l’on entreposait la réserve de nourriture du château.
Alors que plusieurs personnes commençaient à rejoindre Arya dans les cuisines, pour déjeuner, Lancelot entra à son tour et se dirigea vers Arya. Il la salua d’une révérence avec un grand sourire et lui dit :
« Madame, le Roi vous convie à sa table. Ayez l’obligeance de me suivre. »
19 février 2009
LE VOYAGE DES LEGENDES
CHAPITRE TROIS (2e extrait)
Arya traversa la cour pour pénétrer dans la tour par une porte basse. Sur sa gauche, une autre porte donnait accès au long bâtiment qui reliait cette tour au château. Elle décida qu’elle l’emprunterait plus tard, afin de connaître chacun des passages de cet endroit pittoresque. La jeune femme grimpa les marches en colimaçon pour atteindre un palier. Une ouverture sans porte donnait sur une salle immense dont elle ne parvenait pas à voir le fond. La bibliothèque occupait tout l’étage du bâtiment qui reliait les deux tours entre elles. Des étagères se dressaient partout, dissimulant les murs. Elles étaient couvertes de livres. Des fenêtres, creusées en hauteur, ne suffisaient pas à sortir l’endroit de la pénombre. La lumière matinale baignait la salle d’une lueur diffuse. Arya se sentit tout de suite à l’aise dans ce lieu calme. Elle y entra lentement, s’émerveillant de découvrir tant de livres anciens pour elle. Ils étaient en très bon état en cette année 490. Les siècles, les incendies et les guerres ne les avaient encore ni abîmés ni dispersés aux quatre coins du monde. A droite de l’entrée se trouvait en retrait une table éclairée par une bougie et couverte de manuscrits sur lesquels était penché le moine, très absorbé par son travail. Il releva la tête en entendant le bruissement des tissus de la robe d’Arya. Il se leva aussitôt pour venir l’accueillir.
Les vêtements de l’homme de foi ne surprirent pas Arya, contrairement aux précédentes tenues qu’elle avait pu voir sur les hommes ou pour elle-même. Le moine portait, par-dessus une tunique beige, une coule de couleur marron, cette longue robe à capuchon habituelle à tous les hommes de sa condition. Une ceinture maintenait le tout serré à la taille. Il portait lui aussi des chausses en laine. Ce qui surprit désagréablement Arya, fut l’odeur qui se dégageait du moine. Même si elle savait que ces hommes ne s’accordaient un bain que cinq fois par an, à Pâques, à Noël, à la Pentecôte, à la fête de Saint Oyend (le 6 juin, qui est la Saint Claude de nos jours) et à la Toussaint, le mélange de sueur et de crasse la prit immédiatement au nez. Elle fronça les sourcils tout en essayant de ne rien laisser paraître de son dégoût. Elle s’efforcerait, toute la matinée durant, de se tenir le plus loin possible de cet homme.
« Bienvenue dans la bibliothèque, dame Arya. Je me nomme Guireg. Je me doutais que vous viendrez me rendre visite. Vous souhaitez sans doute étudier les missions que Messire Arthur a menées pour trouver le Graal, c’est bien cela ?
- En effet, mais pas seulement. Je voudrais avoir accès à tout ce qui se rapporte au Graal, tout ce que vos livres en disent. »
Le moine Guireg paru ennuyé.
« Je suis navré de m’opposer à votre volonté, Madame, mais ces livres sont extrêmement fragiles et ils ne sont jamais manipulés que par moi. Certains proviennent de contrées lointaines et ont subi quelques dommages. Je m’efforce de les restaurer et de les protéger…
- Je comprends, coupa Arya. J’éprouve un grand respect pour la littérature, quelle qu’elle soit et pour les livres en particulier. Je prendrais grand soin de vos ouvrages, soyez-en assuré. Mais je dois absolument savoir pourquoi le Roi ne parvient pas à trouver le Graal. Il me faut découvrir si certains indices ont pu être laissés de côté alors qu’il aurait fallu leur accorder toute l’attention nécessaire. Me comprenez-vous ?
- Oui, oui, je comprends parfaitement, se résigna l’homme de foi. Bien, je vous guiderai en ce cas pour que vous ne perdiez pas de temps en fouillant inutilement parmi tout ceci. »
Le moine désignait d’un grand geste l’étendue de la bibliothèque. Arya acquiesça et tous deux se mirent immédiatement à la tâche. Ils passèrent toute la matinée à rechercher les ouvrages qui évoquaient le Graal.
La suite, jeudi prochain...












